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Musées et mémoriaux de la Seconde Guerre mondiale à Paris : où aller et que voir

Les cinq lieux de Paris et des environs qui racontent le mieux la Seconde Guerre mondiale : le musée de la Libération et son poste de commandement souterrain, les mémoriaux de la Déportation et de la Shoah, les Invalides et le Mont-Valérien. Adresses, accès et comment les associer à une balade.

Par Clément Daguet-Schott
  • Paris Seconde Guerre mondiale
  • Musées
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  • Libération de Paris
  • Visiter Paris
Clément montre à un groupe une photographie d'archive d'une barricade de 1944, dans la rue près de l'église Saint-Séverin

Les musées racontent, les rues montrent où

Paris a gardé très peu de cicatrices visibles de la Seconde Guerre mondiale. La ville a échappé à la destruction en 1944, et la plupart de ce qui s’est passé entre 1940 et 1944 n’a pas laissé de ruines : une plaque sur un mur, des impacts de balles sur une façade, un nom au coin d’une rue. Pour comprendre ces années, il faut deux choses : les lieux où tout s’est passé, et les documents, objets et témoignages qui les expliquent.

Ce guide s’occupe de la seconde moitié : les cinq musées et mémoriaux de Paris et des environs qui racontent le mieux cette histoire. Pour chacun, où il se trouve, ce qu’on y voit, et comment l’associer à une balade dans la ville.

1. Musée de la Libération de Paris (Denfert-Rochereau)

Où : 4, avenue du Colonel-Henri-Rol-Tanguy, 14e arrondissement. Métro lignes 4 et 6, RER B : Denfert-Rochereau.

Le plus récent des cinq, et celui qui est consacré à Paris. Son nom complet dit ce qu’il réunit : musée de la Libération de Paris – musée du Général Leclerc – musée Jean Moulin. Il a ouvert le 25 août 2019, pour les 75 ans de la Libération, dans les deux pavillons de l’ancienne barrière d’Enfer, place Denfert-Rochereau.

Les collections suivent la guerre à travers deux figures : le général Leclerc, dont la 2e division blindée entre dans Paris en août 1944, et Jean Moulin, qui unifie la Résistance avant son arrestation en 1943. Puis la visite descend sous terre. À vingt mètres sous le musée, un abri de la défense passive devient, le 20 août 1944, le poste de commandement du colonel Rol-Tanguy, chef des forces de la Résistance de la région parisienne pendant l’insurrection. Il a été conservé tel qu’en 1944.

Bon à savoir : les collections permanentes sont gratuites. Le poste de commandement n’est accessible que par un long escalier ; pour les visiteurs qui ne peuvent pas l’emprunter, une visite virtuelle à 360° est proposée sur tablette. Le musée est fermé le lundi ; consultez le site officiel pour les horaires et les expositions temporaires.

2. Mémorial des Martyrs de la Déportation (île de la Cité)

Où : square de l’Île-de-France, 7, quai de l’Archevêché, 4e arrondissement, à la pointe est de l’île de la Cité, juste derrière Notre-Dame.

On descend un étroit escalier vers la Seine, dans une cour fermée sur la ville, puis dans une crypte. Le mémorial, conçu par l’architecte Georges-Henri Pingusson et inauguré par le général de Gaulle en 1962, est dédié aux quelque 200 000 personnes déportées depuis la France vers les camps nazis. Son architecture veut faire ressentir l’enfermement et l’impossibilité de s’échapper avant même de raconter quoi que ce soit.

À l’intérieur se trouve la tombe d’un déporté inconnu, avec des urnes contenant de la terre et des cendres venues des camps. Depuis 2022, un parcours d’exposition fondé sur les recherches historiques récentes explique les différentes déportations : celle des résistants, des prisonniers politiques et des Juifs de France.

Bon à savoir : l’entrée est gratuite ; le mémorial est fermé le lundi. Notre visite Seconde Guerre mondiale Rive Gauche se termine sur le parvis de Notre-Dame, à quelques minutes à pied.

3. Mémorial de la Shoah (le Marais)

Où : 17, rue Geoffroy-l’Asnier, 4e arrondissement. Métro Saint-Paul ou Hôtel de Ville (ligne 1), Pont-Marie (ligne 7).

Dans une rue calme du Marais, le mémorial de la Shoah est le principal lieu de France consacré à la persécution et à l’assassinat des Juifs pendant la guerre. À l’entrée, le mur des Noms recense les Juifs déportés depuis la France ; en dessous, la crypte ; dehors, le long du bâtiment, le mur des Justes honore les personnes qui, en France, ont sauvé des Juifs au péril de leur vie. L’exposition permanente retrace l’histoire des Juifs de France, les lois antijuives de Vichy, les rafles à Paris et les déportations.

Bon à savoir : l’entrée est gratuite et sans réservation. Le mémorial est ouvert du dimanche au vendredi et fermé le samedi. Depuis le mémorial de la Déportation, comptez environ un quart d’heure à pied en traversant la Seine.

4. Le musée de l’Armée aux Invalides

Où : hôtel des Invalides, 7e arrondissement. Métro Invalides, La Tour-Maubourg ou Varenne.

Le musée de l’Armée couvre des siècles d’histoire militaire française, mais deux de ses parties concernent directement la Seconde Guerre mondiale. Les salles modernes consacrées aux deux guerres mondiales réunissent une remarquable collection d’uniformes, d’armes, de cartes et de documents. L’Historial Charles de Gaulle, un espace multimédia souterrain, raconte la vie du général. Et le musée de l’Ordre de la Libération, dans les mêmes bâtiments, est consacré aux 1 038 personnes, cinq communes et dix-huit unités militaires faites Compagnons de la Libération par de Gaulle pour leur rôle dans la France libre et la Résistance.

Bon à savoir : celui-ci n’est pas gratuit : le billet donne accès aux collections permanentes, au tombeau de Napoléon sous le Dôme et au musée de l’Ordre de la Libération. Achetez-le en ligne pour éviter la file, et prévoyez au moins deux heures. Notre visite Seconde Guerre mondiale Rive Droite part du pont Alexandre III, à l’autre bout de l’esplanade des Invalides.

5. Le Mont-Valérien (Suresnes)

Où : 1, avenue du Professeur-Léon-Bernard, Suresnes, juste à l’ouest de Paris.

Sous l’Occupation, la forteresse du Mont-Valérien est le principal lieu d’exécution de résistants et d’otages par l’armée allemande en France : 1 008 personnes y ont été fusillées. Parmi elles, les sept hommes du réseau du musée de l’Homme, exécutés le 23 février 1942, et les membres du groupe Manouchian, en février 1944.

Le général de Gaulle y inaugure le mémorial de la France combattante le 18 juin 1960. La visite guidée suit le chemin des condamnés, de la chapelle où ils attendaient, dont les murs portent encore des mots gravés par certains d’entre eux, jusqu’à la clairière où ils étaient fusillés.

La clairière des fusillés du Mont-Valérien, à Suresnes, avec sa dalle commémorative et un drapeau français parmi les arbres
La clairière des fusillés du Mont-Valérien, à Suresnes. Photo : Celette, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Bon à savoir : les visites guidées sont gratuites mais doivent être réservées à l’avance ; elles durent environ une heure et demie. Prévoyez une demi-journée avec le trajet depuis Paris.

Organiser ses visites

  • Une journée Rive Gauche et sur les îles : la visite Rive Gauche le matin, qui se termine à Notre-Dame ; le mémorial de la Déportation juste à côté ; puis le mémorial de la Shoah, de l’autre côté du fleuve, l’après-midi.
  • Une journée Rive Droite : les Invalides le matin, puis la visite Rive Droite, du pont Alexandre III à la place Vendôme.
  • La Libération, des deux côtés : le musée de la Libération à Denfert-Rochereau, puis l’histoire de la semaine de la Libération à pied.
  • En autonomie : l’audioguide de la visite Rive Gauche se fait n’importe quel jour, avant ou après un musée.

Pour les lieux dans la rue plutôt que dans les musées, voir notre guide des traces de la guerre encore visibles à Paris et notre itinéraire à pied des sites de la Seconde Guerre mondiale.

Questions

Quels musées et mémoriaux de la Seconde Guerre mondiale sont gratuits à Paris ?
Les collections permanentes du musée de la Libération de Paris, le mémorial de la Shoah et le mémorial des Martyrs de la Déportation sont gratuits, tout comme les visites guidées du Mont-Valérien (sur réservation). Le musée de l'Armée, aux Invalides, est payant.
Quel est le meilleur musée de la Seconde Guerre mondiale à Paris ?
Pour l'histoire de Paris elle-même, le musée de la Libération, à Denfert-Rochereau : il couvre l'Occupation, la Résistance et la Libération, et permet de descendre dans le poste de commandement du colonel Rol-Tanguy. Pour la guerre dans son ensemble et la France libre, les Invalides.
Peut-on en voir plusieurs dans la même journée ?
Oui, en les regroupant. Le mémorial de la Déportation, derrière Notre-Dame, est à quelques minutes à pied du mémorial de la Shoah, de l'autre côté de la Seine, dans le Marais. Les Invalides se combinent naturellement avec la visite Rive Droite, qui part du pont Alexandre III. Le Mont-Valérien, à Suresnes, mérite une demi-journée à lui seul.
Comment associer les musées à une visite à pied ?
Les musées montrent les objets et les documents ; la balade montre les lieux où tout s'est passé. Notre visite Rive Gauche se termine à Notre-Dame, à quelques minutes du mémorial de la Déportation, et la visite Rive Droite commence face aux Invalides.

Sources

Voir les rues

Parcourez ces histoires en vrai.

Cette histoire se raconte pendant la visite « Visite WW2 Rive Gauche » : à pied, en petit groupe de 10 au plus ou en privé, en français ou en anglais.

À partir de 59 € Petit groupe · Visite de 2 h
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