Ernest Hemingway pendant la Libération de Paris, 1944

Hemingway au Ritz : L'histoire derrière la note de bar la plus célèbre de la Libération

Clement Daguet-Schott |
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L’écrivain qui partit en guerre

À l’été 1944, Ernest Hemingway était déjà l’un des écrivains américains les plus célèbres. Le Soleil se lève aussi, L’Adieu aux armes et Pour qui sonne le glas avaient cimenté sa réputation littéraire.

Mais Hemingway ne se contentait pas d’observer la guerre à distance — il voulait être au cœur de l’action.

Accrédité comme correspondant de guerre pour le magazine Collier’s, Hemingway arriva en Normandie peu après le Débarquement. Il brouilla rapidement la frontière entre journaliste et combattant, s’attachant aux forces de la Résistance française qui opéraient en avant-garde de l’avancée alliée vers Paris.

La course vers Paris

Alors que les Alliés approchaient de Paris fin août 1944, Hemingway se retrouva intégré à un groupe de combattants des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI). Selon certains récits, il participait activement aux combats — une violation des règles de la Convention de Genève pour les correspondants de guerre.

Le 25 août 1944, alors que les forces alliées et de la Résistance se frayaient un chemin dans la ville, Hemingway avait un objectif très précis en tête.

Tandis que la 2e Division blindée du Général Leclerc libérait les points stratégiques clés et que de Gaulle préparait son entrée triomphale, Hemingway se dirigea tout droit vers l’Hôtel Ritz sur la Place Vendôme.

« Libérer » le Ritz

L’histoire, telle qu’Hemingway la racontait, est la suivante : il arriva au Ritz avec une petite bande de résistants, trouva l’hôtel en grande partie abandonné par ses occupants allemands, et procéda à la « libération » du bar.

Il aurait commandé 73 martinis secs pour ses compagnons.

La réalité fut probablement plus nuancée. Le directeur de l’hôtel, Claude Auzello, avait déjà veillé à ce que les quelques officiers allemands restants partent pacifiquement. À l’arrivée d’Hemingway, il y avait peu à libérer — mais beaucoup à célébrer.

Ce qui n’est pas contesté, c’est qu’Hemingway s’installa essentiellement au Ritz pendant plusieurs mois après la Libération, occupant une suite et tenant cour au bar.

Le Bar Hemingway de l’hôtel, qui existe encore aujourd’hui rue Cambon, porte son nom en son honneur.

Place Vendôme : témoin de l’Histoire

La Place Vendôme elle-même joua un rôle significatif pendant l’occupation et la libération de Paris. Pendant l’occupation allemande, la place — avec ses hôtels de luxe et ses joailliers — était un centre de la vie sociale allemande à Paris.

Le Ritz accueillait des officiers nazis de haut rang, et l’élégance environnante contrastait cruellement avec les souffrances du Paris occupé.

Le jour de la Libération, des combats éclatèrent près de la place. Des tireurs embusqués tiraient depuis les toits, et la transition de l’occupation vers la liberté fut loin d’être pacifique.

La Place Vendôme que nous voyons aujourd’hui, avec ses façades étincelantes et ses boutiques de luxe, ne porte que peu de traces visibles de ce chapitre violent.

Fait vs. Légende

Hemingway était un conteur de génie, et il embellit considérablement ses exploits de guerre.

Il fit l’objet d’une enquête de l’armée américaine pour violation de la Convention de Genève pour avoir porté les armes en tant que correspondant — accusations qu’il nia en affirmant qu’il ne faisait que « conseiller » les résistants.

Ce qui reste vrai, c’est que l’amour profond d’Hemingway pour Paris, datant de ses années de jeune expatrié dans les années 1920, rendait la libération de la ville profondément personnelle pour lui.

Ses mémoires Paris est une fête, publiées à titre posthume en 1964, capturent le Paris dont il tomba amoureux — et aident à expliquer pourquoi il était si déterminé à être présent lors de sa libération.

Marchez sur les traces d’Hemingway

L’histoire de l’arrivée d’Hemingway Place Vendôme est le final dramatique de notre Visite Rive Droite. Debout sur la place même, nous donnons vie au chaos et à la célébration du jour de la Libération — les tireurs embusqués, les combattants, et l’écrivain qui ne voulait rien de plus qu’un bon verre dans son hôtel préféré.

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